Banlieues en crise, réponses d’un maire

par Xavier Lemoine, Maire de Montfermeil (Seine-Saint-Denis)

Xavier Lemoine est maire de Montfermeil depuis 2002 et président de la Communauté d’agglomération Clichy-sous-Bois/Montfermeil depuis 2005. Il est père de 7 enfants.

Cette soirée fut l’occasion de découvrir l’action quotidienne et courageuse d’un maire dans une ville de 26 000 habitants, encore secouée par les violences urbaines d’octobre 2005. Après avoir rappelé le contexte géographique, social et culturel de sa ville, M. Lemoine invita l’assistance à ne pas confondre « causes » et « conséquences » du malaise des banlieues. Au-delà des raisons politiques, religieuses ou financières qui cherchent à entretenir et à exacerber les tensions, la cause profonde est avant tout d’ordre culturel : le choc entre deux visions de l’homme et du monde. « Deux systèmes de pensée s’affrontent, deux visions de l’homme et du monde, qui, dans leurs racines propres, ne considèrent pas la liberté, la responsabilité, la dignité de la personne – de la femme, notamment – de la même manière. »

En proposant un modèle devenu profondément matérialiste et individualiste, où les règles de vie n’ont plus de sens, l’Occident provoque l’incompréhension chez ceux qui ont des racines culturelles différentes : « Si l’occident compense à peu près l’effet de ses propres désordres parce que ses racines culturelles sont profondes, le vide du modèle laïc absolu ne peut provoquer que la révolte chez ceux qui n’ont plus rien à perdre ». D’où les conséquences (aggravées par la crise économique) que l’on sait et dont les seuls remèdes apportés, matériels ou financiers, sont des leurres.

Alors que faire ?

« À Montfermeil, la municipalité travaille d’arrache-pied à rapprocher les populations autour de projets communs : projets économiques, sociaux, culturels, etc. Elle s’attache surtout à développer l’apprentissage de la langue, de la parentalité et de la culture française auprès des plus défavorisés. La connaissance de l’autre précède toujours la reconnaissance et découvrir ensemble que notre société a un nom, une culture, des racines et une histoire, c’est déjà un début. »

Le public, nombreux, fut conquis par le témoignage et l’exemple d’un maire, plein d’espérance en l’homme… Par ses encouragements, aussi, à l’engagement : « On ne peut critiquer une situation si on ne contribue pas à son amélioration ».

Nous lui laisserons le mot de la fin : « Ne dites pas que les temps sont mauvais, c’est vous qui faites les temps ! ». (Saint Augustin)