Les œuvres que le Club vous recommande

Le club de lecture de Garnelles a fait sa rentrée ! Il se réunira tous les mois pour discuter entre amis de ses grandes découvertes littéraires. Ci-dessous un résumé des œuvres qui ont été abordées à la dernière séance :

Jules César, de William Shakespeare (par Cyril)

Cette tragédie raconte le complot qui a provoqué la mort de Jules César. Grâce à cette œuvre, on peut s’expliquer les motifs qui ont conduit certains jaloux à supprimer l’homme d’État. On y apprend en effet que Jules César était un homme fier de sa personne qui, par son ascension, déclenchait en son ami Cassius un sentiment d’humiliation. C’est pourquoi ce dernier se tourna vers Brutus pour réfléchir avec lui de la meilleure méthode afin d’éliminer celui qui voulait être roi. Brutus, d’abord hésitant à apporter sa contribution dans le projet de l’assassinat du père adoptif qu’il aimait, finit par partager les vues de Cassius selon lesquelles César, s’il n’était pas définitivement stoppé, deviendrait « dangereux ». Avec l’apport charismatique de Brutus dans l’organisation du complot, Cassius put s’assurer que jamais César ne deviendrait la « vipère » qu’il craignait tant. C’est lors d’une sortie du dictateur au sénat que le complot eut l’occasion d’aboutir, achevant la crainte de Cassius par un coup de poignard. Cette œuvre nous offre aussi l’état de l’opinion du peuple lors de la conspiration : d’abord manipulé par Antoine qui lui vantait l’extinction de la menace pour Rome comme étant salutaire, ce dernier finit par se rendre compte du caractère malsain de l’opération... Une lecture instructive.


Lettre à Laurence, de Jacques de Bourbon-Busset (par Albéric)

Jacques de Bourbon Busset est un académicien et un auteur reconnu. Dans sa Lettre à Laurence, le narrateur écrit à sa femme défunte tout ce qu’il n’a pas été capable de lui dire de son vivant. Il regrette très profondément de ne pas avoir pu lui expliciter, avec des mots, tout l’amour qu’il ressentait pour elle. C’est dans cette démarche qu’il laisse entendre que c’est grâce à cette union qu’il a découvert Dieu, voire même que l’absence d’une telle union l’aurait laissé dans l’incroyance et dans l’impossibilité de découvrir Dieu. Il y avoue clairement que son mariage avec elle l’a sanctifié. C’est pour cela qu’il présente souvent sa femme comme supérieure à lui spirituellement. En bref, cette lettre est l’occasion pour lui de généraliser son vécu en offrant le témoignage d’une union source d’un grand bonheur en même temps que de grandes grâces. Lecture marquante !


La femme pauvre, de Léon Bloy (par Paul-Joseph)

Léon Bloy est un auteur catholique original qui vit dans la pauvreté avec sa femme et ses deux enfants ; il est à l’origine de la conversion de Jacques Maritain, figure importante de la philosophie chrétienne au 20e siècle.
Dans La femme pauvre, Léon Bloy dépeint une jeune femme dépouillée de tout dénommée Clothilde. Engagée comme modèle par un peintre, elle commence à côtoyer des artistes originaux auxquels elle s’attache ; c’est l’un d’eux qu’elle finit par épouser quand, après le meurtre du peintre, elle se trouve de nouveau délaissée. Elle perd son enfant et entame avec son mari une vie de souffrance. Au fur et à mesure de son parcours et de ses tourments, Clothilde apparaît comme une figure christique : son chemin de pauvreté est présenté comme une voie de rédemption. On remarquera un style particulièrement fort : des phrases pathétiques, voire tragiques, côtoyant des évocations vulgaires et crues. Une belle lecture !


Le Nœud de vipères, de François Mauriac (par Valentin)

Ce roman prend la forme d’une lettre écrite par Louis, âgé de soixante-huit ans, mourant, adressée à sa femme Isa : cette lettre lui offre l’occasion de faire part à sa femme de tous les sentiments de haine à son égard et à l’égard des siens. Cette lettre est une sorte de vengeance. À sa femme, Louis n’a jamais pardonné d’avoir vécu, dans le temps, une aventure de jeunesse avec un certain Rodolphe. C’est ainsi que, tout son mariage durant, il n’a plus jamais osé lui faire confiance, l’aimer et se laisser aimer. Elle, très catholique et très dévote ; lui, très anticlérical et très sceptique. Autant de sujets de divisions et de disputes qui ont entraîné le couple à « faire chambre à part ». Ces sujets sur Dieu ont même influencé la relation du père avec ses propres enfants qui, sous l’influence de leur mère, ont toujours vu leur père comme un malheureux, comme un monstre pour lequel il n’y avait plus qu’à prier. C’est donc de ce désamour général que Louis décide de se venger, en expliquant dans sa lettre comment il compte déshériter sa famille. Mais l’écriture de la lettre n’est pour lui pas qu’une expérience de haine… Une lecture difficile, sombre, mais marquante.